Faire sortir la poésie du cocon confidentiel auquel elle a été assignée, réservée aux enfants dans les écoles bien souvent associée à un apprentissage par coeur, pour la sortir des livres, des bibliothèques en la portant aux oreilles de tous dans un cadre festif de promenades, pour le plaisir, un plaisir partagé. Le monde a besoin de poésie mais il ne le sait pas.
A l'Espace Culturel Les Dominicaines de Pont L'Evêque
avec Jean-Claude Touzeil et Eric Sénécal
Les mots, dans un espace nature, que viennent-ils faire ?
Pourquoi les mots quand tout est langage ? Un regard est langage,
une poignée de main est langage, un dessin est langage, un silence est langage.
Comment introduire des mots sans les dénaturer dans un cadre-nature ?
Comment recueillir au plus près la parole de chacun ? Ces questions, après.
Je suis rentrée dans cette résidence de quatre jours sans ces questions, sans artifices non plus, sans méthode, avec et sans attente. J’espérais juste me faire accepter. Mon rôle de poète n’était pas de faire dire ni d’arranger quelques belles tournures pour éblouir ou justifier ma présence. Mon rôle de poète a été un rôle d’entendeur dans ce qui était dit. Pas d’interprétation. J’ai fait le tri de ce qui me semblait venir du fond de la personne. Car la poésie, du moins pour moi, c’est ce qui rapproche l’humain de lui-même et des autres. Garder intacts les mots dans le contexte où ils sont venus a été ma seule consigne. J’ai planté des mots. Nous avons planté des mots. Les mots, c’est comme les plantes, il y en a de toutes sortes : des plus grandes qu’on aperçoit de loin, des modestes qu’on découvre avant de mettre le pied dessus tant elles sont modestes. Ce chemin des poètes rattache chacun au tout.
Foyer Camille Claudel avec un public souffrant de handicaps mentaux
À la prison de Grasse dans les Alpes-Maritimes
Les salons consacrés à la poésie n'attirent pas les foules comme les stades de foot car leur objet n'est pas de distraire (ce qui est une bonne chose en soi) mais d'approcher l'intime de chacun. C'est toujours ce que j'ai voulu affirmer. Un tel salon qui regroupe un certain nombre de poètes, (tous différents par définition puisque chaque poète est unique) permet au visiteur d'ouvrir autant de recueils qu'il le souhaite, de lire quelques mots, quelques poèmes pour nourrir sa curiosité. Nul besoin d'acheter. Nul besoin de se justifier, juste la nécessité d'approcher des mots qui toucheront au plus profond. Car dans chaque poème il y a rencontre de l'individuel et de l'universel. Chacun a le droit de ne pas aimer ce qu'un autre adore. La liberté de chacun est présente dans chaque poème. Oui les poètes sont dangereux pour les dictateurs car ils expriment la liberté pour chacun C'est pourquoi ils s'appliquent à faire disparaître tout particulièrement les poètes quand ils accèdent au pouvoir. Les poètes sont des résistants à toute oppression.
Salon de la poésie Villerville (14) 2007
Marché de la poésie PARIS Place St Sulpice en 2014
sont autant de manifestations ouvertes au public afin de rapprocher le public des poètes, des chanteurs à une population, en ville comme en campagne. Je salue l'opignatreté de Mathias VINCENOT qui a créé en 2002 le festival DéCOUVRIR CONCÈZE. L'entrée est libre. Toujours programmé 5 ou 6 jours autour du 15 août il propose poètes et chanteurs chaque soir dans la Salle du foyer rural, en toute simplicité. C'est remarquable. J'ai été invitée 2 fois, en 2008 et 2011. Si vous ne connaissez pas la Corrèze, c'est l'occasion de vous y rendre.
LES RÉSIDENCES
En 2013 j'ai obtenu une résidence de poètes dans le Pays Grassois pendant 3 mois. J'ai porté la poésie sur un territoire escarpé dans les écoles maternelles, primaires, en collège, dans des bibliothèques et même en prison. J'étais très attendue par des enseignants qui avaient au préalable conçu un projet. Une belle expérience avec un projet autour de la danse en maternelle entre autres. J'arrivais avec mes productions (poèmes, photos) et mon aptitude de poète. Avant tout je devais m'adapter à chaque classe, à chaque enseignante, au contexte de la structure accueillante. Tout un programme. La presse relaya mon travail à travers quelques articles.
LECTURES THÉATRALISÉES
À la demande d'une structure j'ai écrit des textes sur un projet précis. Le texte a été lu en duo avec un comédien dans un cadre prestigieux, un château ou ailleurs dans une galerie parisienne.